| Retour d’expérience de deux PME en phase avec l’IE |
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| Écrit par Bertrand Terreux |
| Jeudi, 10 Juillet 2008 00:00 |
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Aux Assises du numérique, Hélène Szulc et Eric Cantarel ont apporté leur témoignage dans le cadre des tables rondes du mardi 8 juillet. Ces deux chefs d’entreprise sont en effet sensibilisés à l’IE, qui correspond, pour eux, non seulement à un moyen de protéger leur entreprise, mais aussi au moyen de développer leurs parts de marché et à une vraie stratégie long terme. 1ère expérience : Hélène Szulc, Directrice générale de Tech Sub et présidente de l’association Réseau Environnement a été sensibilisée à l’IE par l’Agence Régionale d’Information Stratégique et Technologique qui est son intermédiaire veille/IE/TIC. La recherche d’information est une composante majeure de son dispositif. Elle rappelle que la recherche commence par l’intérieur : 80% des informations utiles se trouvent dans l’entreprise. Ensuite, introduire l’IE au quotidien passe par insuffler au personnel une pratique de l’information différente, grâce à des outils divers relatifs aux relations clients, à l’ouverture organisée vers l’extérieur à travers la veille des commerciaux et au système de sécurité informatique. Pour l’association Réseau Environnement, qui a pour but de promouvoir les échanges techniques et commerciaux, c’est le programme Ulysse de la DRIRE Nord Pas de Calais qui a permis la mise en place d’outils de veille qui bénéficient à 14 entreprises de l’association, pour un coût de 100 000 euros environ au total, soit 8 000 euros environ par entreprise, pour deux ans. Le coût de la mise en place de ses outils est le facteur majeur de la réticence des entrepreneurs, mais la DRIRE, à travers des programmes comme Ulysse, prend en charge 50% des dépenses engagées pour améliorer la recherche d’information stratégique. Cette réduction des coûts est ce qui a permis aux entreprises de l’association d’accéder à l’intelligence économique. Ce programme a fait évoluer le travail collaboratif au sein de l’association, grâce aux TIC. Le point sensible de cette nouvelle façon de travailler et la nécessaire formation des chefs d’entreprise à l’utilisation des outils. Le changement de méthodes nécessite le recrutement de personnes formées à l’intelligence économique. En termes de retombées pour chaque entreprise, l’évaluation de l’expertise dépend de l’actif immatériel de l’entreprise concernée. Or, il n’est pas rare que celui-ci ne soit pas chiffré. Le gain réalisé par les entreprises de l’association n’est pas encore mesuré, le nombre de retours d’expérience étant encore faible, puisque le dispositif chez Réseau Environnement n’a été établi que début 2008. 2ème expérience : Eric Cantarel dirige la société Oray, un des leaders mondiaux de l’écran de projection. Ses principaux concurrents sont américains et chinois. Il y a 20 ans, il n’y avait aucune circulation d’information dans cette entreprise, qui fonctionnait, mais dont les profits étaient limités. Afin de se développer, cette PME qui se situe dans une niche, et pour laquelle l’information recherchée est très spécifique et peu disponible, a développé une culture de gestion de l’information autour des hommes. La PME a pris conscience du risque qu’il y avait à donner de l’information sur elle-même et a entrepris de filtrer l’information sortante, dans une pure démarche d’IE. Dans cet esprit, il est notamment proscrit de répondre à des sondages, véritable cheval de Troie de concurrents en recherche d’information. Sans pour autant arriver à une culture du secret, de nouvelles habitudes de valorisation de l’information détenue ont été adoptées. Une personne a été spécifiquement formée à la veille, afin de surveiller ce qu’il se disait sur Oray et ses concurrents. Pour E. Cantarel, la croissance interne est limitée, et l’intelligence économique permet de développer l'activité, d’innover en termes de structures et d’organisation. Afin d’endosser le coût de la mise en place d’un système IE, les investissements peuvent être mutualisés par plusieurs entreprises, comme ça peut être est également le cas pour les ressources humaines. La création d’un groupement d’employeur est une réponse. Aujourd’hui, Oray réalise 50% de sa croissance à l’international. Marion Lamarque |