Le rendez-vous des PME et de l'Intelligence Economique

Olivier Personnic, directeur d’une pépinière d’entreprises PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Marion de Beauregard   
Jeudi, 06 Mars 2008 00:00

Tags: IE Love PME | innovation | olivier personnic | pme innovante | Stratégie

M. Olivier Personnic est directeur de la Pépinière d’Entreprises Innovantes à Aix -en-Provence.

IElovePME : Comment l’IE peut-elle favoriser l’innovation des PME ?

Olivier Personnic : Les entreprises et l’IE, c’est comme la prose et M. Jourdain de Molière, elles en font sans le savoir. C’est un moyen d’action, la mise en œuvre d’outils afin de remplir un objectif, qui est, pour nos entreprises, le développement par l’innovation. Les entreprises de notre pépinière travaillent toutes sur des projets très innovants. Ce sont des start-up de moins de 2 ans, de 2 à 6 personnes qui n’ont pas encore de cellule IE mais qui sont très au point, en général, sur la veille technologique, ayant une part de R&D très forte.
La création d’une cellule d’IE intervient à l’année 3, pas avant.
Nous conseillons aux entreprises d’être d’abord centrées sur des actions défensives. Elles sont suivies et conseillées par la DST, car certaines technologies ont des enjeux mondiaux, par exemple celles primées par le concours OSEO et le ministère de la recherche. Nous leur conseillons aussi d’être au fait de ce qu’on dit sur elles sur internet, de maîtriser leur image et nous les aidons à avoir des actions de correction sur ce qui est dit.

IElovePME : que leur conseillez-vous pour être offensives ?

O.P. : Etre offensif, c’est arriver à définir un objectif stratégique, comme celui de devenir leader européen ou mondial en 5 ans sur un segment précis. Nous encourageons nos entreprises à entrer en relation avec les acteurs qui détiennent l’info et qui peuvent leur être utiles. L’activité d’une start-up ne peut pas démarrer sur des références qu'elle n’a pas. Elle ne fonctionne que par la confiance qu’elle parvient à mobiliser autour d’elle. Le rôle de la pépinière est une forme d’intermédiation qui consiste à aider les entreprises à obtenir des appuis, des capitaux et à assurer certains aspects techniques. On leur fournit l’accès à notre réseau. Le réseau humain est indispensable. Une start-up ne peut se développer que si elle a un soutien institutionnel et financier fort.

Nous conseillons à nos entreprises d’adopter la technique du jeu de go : poser des pièces qui paraissent diffuses mais avec un but : l’encerclement de leur objectif, de leur cible.

IElovePME : Comment avez-vous été sensibilisé à l’IE ?

Lors d’un séjour aux Etats-Unis il y a 20 ans. J’étais attaché de recherche pour Rhône Poulenc. Je faisais beaucoup de veille pour contrer l’intox des concurrents japonais. J’assistais à des colloques internationaux, afin de faire de la veille technologique. De retour en France, j’ai intégré un cabinet de conseil en stratégie et en IE.

IElovePME : Les PME font encore peu d’IE, pour vous l’IE et les PME sont-elles compatibles ?

O.P. : On a souvent tendance à vouloir plaquer le modèle IE des grands groupes sur les PME. Mais les PME ne sont pas adaptées, en termes de budget et de temps à ces outils et ces méthodes. Il faut, pour les PME, coupler plus fortement l’IE avec leur stratégie. Il faut arriver à structurer une démarche d’IE à travers la mise en place de réseaux-clés. Ça, c’est un discours qui parle aux PME. Il ne faut pas qu’elles se sentent noyées dans l’IE mais il faut décréter un certain nombre d’axes réalisables, se focaliser sur 2-3 points, pas plus. Mettre à plat une stratégie, être capable d’énoncer en une phrase son ambition majeure –par exemple : « en 5 ans, je veux être le leader européen de tel marché »- permettrait aux PME de mettre en place des mesures d’IE simples, concrètes et très opérationnelles.

IElovePME : Que pensez-vous de l’initiative de notre blog et de notre action?

O.P. : La visibilité sur internet des acteurs de l’IE est une bonne chose pour la discipline. Je conseille moi-même à mes étudiants de se rendre visibles. J’ai par ailleurs été très intéressé par l’affaire Cyclopharma sur laquelle vous avez enquêté. Je défends l’idée auprès d’OSEO que, lorsqu’une entreprise se fait expertiser, elle devrait se renseigner sur l’expert. J’insiste pour que les officiels, OSEO etc., soient plus transparents sur les experts.

Récemment le patron de l’INSERM a démissionné alors qu’il avait été accusé de transfert technologique. Ce genre d’affaire est plus courant qu’on ne le pense. Il faut être très vigilent.
 
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