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Tags: crise économique | Economie Allemande | Economie Chinoise | Industrie Allemande | Investissements chinois | Manque crédit | Mittelstand | Outil industriel Le Mittelstand Allemand face à la crise économique et financière : Enquête sur les PME allemandes
Les PME allemandes en 2009
L'économie allemande est rentrée en 2009 dans sa plus grande crise d’après-guerre. Cela a débuté dans les banques, pour atteindre ensuite les grands groupes et au final les PME. Beaucoup de ces dernières ont réduit leur production, leurs investissements, et ont commencé à licencier les premiers employés.
L'Allemagne doit son succès économique ainsi que la création d'emplois, en particulier aux PME et non aux grands groupes industriels comme c'est le cas dans d'autres pays industrialisés. La définition d'une PME est la suivante : maximum 500 employés et un chiffre d'affaires annuel de 50 millions d’euros maximum. Elles totalisent 40 % du Produit Intérieur Brut (PIB) et emploient 70 % de la population.
Néanmoins, le tissu des PME résiste mieux que les grands groupes : l’Institut für Mittelstandsforschung“ (IfM), un institut de recherches, spécialisé dans les PME a ainsi révélé dans son analyse de l'année 2009 qu'il y avait 410.000 créations d’entreprises (hausse de 2,7 %) et en même temps, une baisse des liquidations de sociétés de 3,6 % (397.000). Pour Johann Eekhoff, le président de l'institut, ce sont les petites entreprises avec au maximum 20 employés qui ont étonnamment le mieux survécu à la crise. D'après une enquête actuelle auprès de 1 500 PME, une entreprise sur trois attend un redressement économique et une hausse du nombre des commandes au plus tard à l'automne 2010.
Des résultats surprenants
Le journal économique "Handelsblatt" a montré dans une enquête récente, que la plupart des grands groupes en possession familiale non seulement résiste face à la crise, mais aussi se développe malgré des conditions plus dures sur les marchés !
Sur les 30 plus grandes entreprises familiales en Allemagne, seulement 4 sont en perte de vitesse avec chaque, fois une perte maximale de 5 % du chiffre d'affaires. Malheureusement, ce n'est pas la même tendance pour la rentabilité qui, elle, baisse en moyenne de 20 % par rapport à l'année précédente.
Baromètre 2009 : après le risque économique, le risque financier
Malgré leurs bonnes performances en temps de crise, les PME allemandes ne voient pas encore le bout du tunnel. Dans son baromètre 2009 sur les PME, les responsables de Ernst & Young Allemagne arrivent aux conclusions suivantes : Les inquiétudes augmentent. En 2008, seulement 11 % des dirigeants de PME allemandes étaient inquiets, maintenant le chiffre a triplé.
Pour Peter Englisch, partenaire chez Ernst & Young, c'est la mise à disposition de crédits qui pose problème, car assez souvent, les inquiétudes ne portent pas sur le manque de rentabilité mais sur l'absence de liquidités. En temps de crise, il devient beaucoup plus difficile d'obtenir des crédits.
Depuis le début de l'année 2009, le nombre des entreprises qui subit des exigences plus fortes a augmenté de manière dramatique. Le financement à travers la banque principale est devenu pour 37 % plus difficile, alors qu'en janvier 2009 seulement 14 % exprimaient ce sentiment.
Pour Peter Englisch, la grande force des PME réside dans la relation entre les propriétaires et les entreprises. Avec la crise beaucoup de propriétaires de PME doivent utiliser leur fortune personnelle, car ils n'obtiennent plus des banques les fonds nécessaires contrairement aux dirigeants des grands groupes, à quelques exceptions prés.
Et les Banques?
La fédération des Banques en Allemagne le Bankenverband, craint maintenant que l'approvisionnement en crédit de l'industrie allemande puisse devenir critique à l’été 2010. Manfred Weber, directeur principal de la fédération ne veut plus exclure une crise des crédits, même si d’après lui, ce scénario n'est pas le plus probable.
Pour Andreas Schmitz, le président de la fédération, le fait que beaucoup d'entreprises aient consommé (en partie) leurs capitaux propres constitue un vrai problème.
Pour lui, cela pourrait constituer, lors de la remise des bilans aux banques, la raison principale d'un sous-approvisionnement en terme de crédits.
Manfred Weber décrit la problématique de la manière suivante : plus la situation économique de l'entreprise sera dégradée, plus le risque pour la banque qui finance le crédit augmentera. Dans ce cas, les banques devront soutenir ces crédits avec des capitaux propres pour réponde aux exigences de Basel-II.
La politique s'inquiète déja
Pour Rainer Brüderle, ministre de l'économie allemande, il n'y a pas un manque de crédits global, mais des difficultés dans certains secteurs d'activités.
Il demande aux banques de „remplir leur devoir“ et de mettre des crédits à disposition des entreprises du fait que l'état allemand a largement soutenu le secteur Financier avec des mesures de sauvetage.
Conséquences éventuelles
Une pénurie de crédits pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l'économie et les emplois en Allemagne.
D'après un sondage de la société de conseil Roland Berger, des entreprises saines à la base, pourraient également connaître des difficultés par manque de liquidités. Ce sont en particulier, les PME qui seraient concernées.
Déja en décembre 2009, 44,3 % des entreprises interrogées par l'institut IFO se plaignaient d'une mise à disposition restricitve de crédits ce qui constitue une hausse de 1,4% par rapport à Novembre.
La stratégie de puissance de l’Allemagne est basée sur le Mittelstand. Demain, un affaiblissement des crédits obligerait les familles industrielles à puiser dans leurs ressources personnelles pour financer le besoin en trésorerie.
Cependant, ces familles ne souhaitent pas toucher à leur trésor de guerre. Les financements croisés qui ont fait la force et la robustesse du Mittelstand risquent d’être mis à mal par la venue d’investisseurs étrangers dont l’objectif est d’obtenir de fortes rentabilités à court terme.
Ce scénario aurait pour conséquence de diminuer l’investissement dans la R&D et dans la préservation de l’outil industriel. De plus, un tel scénario pourrait engendrer des délocalisations donc des fermetures d’entreprises et des suppressions d’emplois dans le but de satisfaire la soif de rendement des investisseurs.
Dans une telle situation, l’Allemagne, pourrait connaître l’arrivée massive de capitaux chinois pour s’emparer des technologies les plus récentes et des marques célèbres. D’après une étude réalisée par l’IFRI citant Mergers & Acquisitions, 22 rachats et prises de participations ont eu lieu entre 2001 et mai 2007. D’après les statistiques du MOFCOM, le volume total des investissements directs de la Chine en Allemagne est passé de 83,61 millions de $ US en 2003 à 845,5 millions de $US en 2008. Ces opérations de fusion acquisition sont concentrées sur le secteur de la construction de machines. Source :
Note du Cerfa 71, Le partenariat économique Chine - Allemagne Une interdépendance croissante, Margot Schüller
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