Le rendez-vous des PME et de l'Intelligence Economique

La méthode Vigilances s'articule autour de l'information stratégique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Bertrand Terreux   
Lundi, 06 Octobre 2008 00:00

Tags: ARIST | drire | Gendarmerie | IE Love PME | information stratégique | intelligence économique | PME | veille | Vigilances

Pouvez-vous présenter en quelques mots "Vigilances"?

Le Réseau VIGILANCES existe depuis 2003. Notre objectif est d’accompagner les entreprises vers une démarche d’Intelligence Economique à travers l’organisation de la collecte, analyse et protection de leurs informations stratégiques. Nos conseils simples et opérationnels s’adressent à toutes les fonctions présentes dans l’entreprise (direction, cadres, salariés…), mais également à d’autres acteurs tels que les administrations et les structures de développement.

Quel est le cœur de votre activité ?

La méthode. En effet VIGILANCES a choisi de traiter l’Intelligence Economique dans son approche humaine et managériale et, de cette manière, la rendre accessible à tous.
Notre socle d’intervention repose donc sur la méthode et son objectif est de permettre à l’entreprise de structurer la gestion de ses informations et le développement de ses savoir-faire pour rester compétitive. Pour nous, une seule question prévaut : le « Comment ». Et c’est dans cette dynamique que nous animons des « ateliers méthodologiques » dont les thèmes sont aussi diversifiés que quotidiens : comment éviter les fuites d’informations, comment collecter de l’information sur un salon, comment mieux connaître ses concurrents, ou encore comment identifier ses risques et gérer une crise.
D’autre part, pour les entreprises ayant des problématiques particulières, nous proposons un « accompagnement individuel » visant à faire redécouvrir leurs richesses internes. En effet, beaucoup d'entre elles ont tendance à aller chercher à l'extérieur des informations qu'elles détiennent déjà. Donner la parole à ses collaborateurs et notamment aux personnes dont les tâches opérationnelles font souvent oublier qu'ils ont également accès à des informations stratégiques pour l'entreprise, impulser une culture de l'étonnement où chaque déplacement sera l'occasion de se mettre dans une posture d'éveil par rapport à ses concurrents et fournisseurs, investir les réseaux sociaux et professionnels, s'adapter au marché en intégrant les nouvelles réglementations etc. sont autant de réflexes que nous tentons d’impulser dans l’entreprise.

Quelle est la cible de votre activité ?

Nos cibles prioritaires sont les PME et PMI, avec une action particulière envers les TPE. Notre souci premier est de coller de la manière la plus proche à leurs préoccupations quotidiennes. Le but n’est pas de leur exposer de grandes théories basées sur l’expérience des grands groupes, ni de les pousser à investir exclusivement dans des logiciels de veille. Notre action consiste davantage à aider ces entreprises à mettre en place des réflexes de collecte et de protection à travers une démarche à moindre coût basée sur le bon sens.

Quelle fonction occupez-vous au sein de votre structure ?

De formation générale en communication associée à un master en Intelligence Economique, j’ai intégré VIGILANCES© en 2004 en tant que Responsable Communication. Plus récemment, mon activité s’est orientée vers l’accompagnement individuel des entreprises. J’anime donc des sessions d’intervention basées sur le ou les thèmes retenus par l’entreprise. Le but étant de mettre les outils et méthodes proposés lors des ateliers en application, les membres de l’entreprise sont par exemple amenés à s’auto-évaluer, à remplir des grilles d’analyse, à participer à des jeux de rôle etc.

Comment définissez-vous l'Intelligence Economique ?

« Avoir la bonne information au bon moment auprès de la bonne personne »
En effet, alors que détenir la « bonne » information est devenue indispensable à toute entreprise, on comprend aisément que face à la surabondance d’informations disponibles, l’enjeu est d’être capable de détecter celle qui sera stratégique. Mais « comment » ? Encore faut-il détenir les outils efficaces et les méthodes adaptées pour savoir détecter ses « bonnes informations ».
Je définirais donc l’Intelligence Economique comme un moyen de mieux collecter, diffuser, protéger, mais aussi mieux analyser ses informations.

Les PME ont-elles un intérêt privilégié à employer l'intelligence économique ?

Oui très clairement car elles sont désormais autant la cible d’une concurrence de plus en plus agressive que les grands groupes. Et d’autre part, même sans avoir toujours les ressources pour embaucher une personne dédiée à l’IE et la veille à l’image de ces mêmes grands groupes, elles ont l’avantage, par leur taille réduite, d’être plus organisée et réactive L'approche humaine est plus facile en PME : il est effectivement plus aisé de faire remonter l'information glanée à l'extérieur de l'entreprise quand on est 50 salariés que lorsqu’on est 500, 1500 ou plus.
Pour le coût d’une démarche d’IE, comme nous l’évoquions, les bons réflexes de prudence, d'une part, et d'éveil, d'autre part, ne coûtent rien mais peuvent rapporter beaucoup à une PME.

Sont-elles réceptives dans le Nord à cette problématique ?

Avec l’impulsion de la politique locale, notamment grâce au Préfet Pautrat en 2002, et la structuration des actions entreprises par différentes acteurs complémentaires (Gendarmerie, DRIRE, ARIST, Vigilances et les consultants en IE), la région du Nord-Pas-de-Calais a intégré l’Intelligence Economique de manière précoce. Les entreprises de notre territoire sont désormais bien sensibilisées à la démarche et ont pris conscience des enjeux actuels.
Leur question n’est donc plus « faut-il en faire ? », mais « comment en faire ? ».
Répondre à cette question est alors plus complexe car s’il est facile de démontrer l’utilité de l’intelligence économique, le « comment faire » se heurte à la disponibilité des dirigeants. Mais les enjeux sont tels que nos PME dégagent de plus en plus de temps pour se former. A ce jour, nous avons accompagné plus de 3000 entreprises et, chose positive, ce modèle nordiste se répand et nous amène à former de plus en plus d’entreprises dans d’autres régions.

Pouvez-vous citer quelques exemples de problèmes auxquels sont confrontées les PME et les solutions que vous leur avez apportées ?

La protection du savoir-faire est une problématique récurrente chez les PME. Elles sont conscientes des risques de vols d’informations, mais se disent dans le même temps que cela n’arrive qu’aux autres.

Prenons l’exemple du quotidien d’une PMI de conception de pièces spécifiques, très observée dans son secteur ; elle ne contrôlait pas ou très peu l’accès à ses locaux, recevait des inconnus et leur faisait visiter les zones stratégiques, et cela sans prévenir ses collaborateurs des informations à ne pas divulguer. Ce manque de vigilances lui a coûté, entre autre, le vol d’études de produits par un cabinet concurrent. Risque qui pourrait être évité par quelques premiers réflexes simples que nous leur avons exposés, tels que la vérification de l’identité et le parcours défini de chaque visiteur, une analyse avec les membres de l’entreprise des informations à protéger prioritairement et une sensibilisation de chacun aux impératifs de discrétion, notamment lors des déplacements dans les transports en communs et lieux publics.

Citons également l’exemple d’une PME de services. Celle-ci cherchait à optimiser le partage de ses informations en interne, à organiser ses recherches tout en remotivant son équipe. Nous lui avons présenté l’intérêt d’une implication et écoute réciproque entre la Direction et les collaborateurs face aux succès et/ou échecs rencontrés, une capacité d’observation de l’environnement à travers la mise en place d’outils tels que le rapport d’étonnement et l’instauration de lieux de convivialité pour favoriser les échanges informels et susciter les nouvelles idées.

Enfin, une belle opération fut également l’accompagnement de 13 PMI sous-traitantes de l’aéronautique que nous avons préparé dans le cadre de leur participation commune au Salon du Bourget. Au cours d’une première session, nous les avons alerté sur les risques et pratiques observées sur les salons, notamment de la part de concurrents étrangers dans le cadre de salons internationaux et nous leur avons présenté le fonctionnement d’une dynamique « réseau » : chacun connaît les besoins de son voisin et se positionne en capteur d’informations « utiles » ; dans un second temps, nous avons accompagné ces PMI sur le salon et notre équipe a repéré leurs concurrents et parcouru les stands afin de relever des éléments suivant les besoins exprimés. Enfin, un débriefing collectif a été organisé pour mesurer le succès de l’opération, les points positifs / négatifs retirés et répartir les suites à donner. Cette opération a pu démontrer l’intérêt d’un travail en réseau, pour rester présent sur un marché dominé par les grands groupes, et démontrer comment des entreprises initialement concurrentes pouvaient devenir de solides partenaires.

Pouvez-vous présenter un de vos succès ?

Je pense à l’illustration de l’intérêt de faire de l’IE lorsqu’on débute. C’était une jeune entreprise venant de créer une innovation qui, sans être très technologique, a bouleversé le marché et a reçu une offre d'achat de la part d'un grand groupe. Comment faire ? Que voulaient-ils ? Etaient-ils des partenaires acheteurs corrects ou au contraire le pire était-il à craindre face à cette situation ? Nous avons aidé cette jeune pousse dynamique à "profiler" ce grand groupe en déterminant la stratégie de ce dernier. Nous avons pu en recoupant des informations dites "blanches" (articles, sites, interview...) mieux identifier le caractère non agressif de cette volonté d'achat. Désormais, cette jeune entreprise est adossée à un grand groupe, mais a pu le faire avec une sérénité retrouvée suite à l'application d'outils simples d'analyse des informations.
 
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