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La menace plane sur les PME innovantes PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Bertrand Terreux   
Jeudi, 23 Octobre 2008 00:00

Tags: FCP | FCPI | fonds commun de placement | France Biotech | Hemmery | IE Love PME | LBMA | OTC asset management | pme innovante

Infoguerre nous relate la mésaventure d’un chef d’entreprise d’une PME française dans le domaine des biotechnologies qui c’est fait piller ses brevets par un Fonds Commun de Placement dans l’Innovation (FCPI).

Le Laboratoire de Biotechnologie Marine Appliquée (LBMA) est une PME innovante qui a développé un processus de nanotechnologie permettant de déstructurer l’eau de mer brute pour la reconstituer sous la forme d’une solution bioactive aux propriétés anti-inflammatoires.

LBMA a besoin de liquidités pour assurer son développement, elle cherche donc des investisseurs pour entrer dans son capital. LBMA a bien reçu des aides d’OSEO mais ce n’est pas suffisant vu le potentiel que représente le marché, estimé à 80 millions d’euros.

En 2006, il finalise avec un investisseur (OTC Asset Management) une opération d’apport de fonds par une augmentation de capital. Pour entrer dans le capital, OTC demande à Pascal Hemmery la cession de leurs brevets, marques et savoir-faires contre la seule attribution d’actions ainsi qu’une modification occulte des statuts de LBMA par la signature d’un pacte d’actionnaires léonin en faveur d’OTC.

A la fin de l’année 2006, moins de trois mois après la finalisation des accords entre LBMA et OTC AM, alors que tous les engagements pris par LBMA on été respectés et appliqués à la lettre, OTC AM met en œuvre une série d’actions en justice contre la société LMBA et ses associés.

A la fin de l’année 2007, la nouvelle direction de LBMA nommée par OTC devait organiser le transfert du siège social de LBMA dans une société partenaire d’OTC, le laboratoire BIOPHARMA. Pascal Hemmery est licencié et l’équipe scientifique est réduite à sa plus simple expression.

En conclusion, tout montre en effet que l’objectif inavoué de cet investisseur était de s’accaparer le procédé pour en faire bénéficier à très bas coût des tiers liés à des puissances étrangères.

Analyse

Ce cas illustre la menace qui pèse sur les PME françaises. Dans un récent article publié sur IE Love PME, il est question de créer un fonds souverain pour augmenter et renforcer les PME françaises. C’est en effet un objectif majeur que le gouvernement français doit poursuivre à court terme s’il veut éviter que ne se multiplient les attaques contre nos PME. De fait, il ne s’agit pas ainsi de faire face à la crise financière mais de préparer l’avenir. Aujourd’hui, des fonds spectaculaires sont mobilisés pour soutenir les PME mais n’oublions pas qu’il est également essentiel d’assurer la création d’entreprises.

Pour illustrer mes propos, l’étude de France Biotech rendue publique le 7 octobre 2008, montre que les investissements dans le secteur ont, au premier semestre 2008, diminué de 79 % en Europe. Durant la période, les entrées en Bourse ont diminué de 82 % en Europe. Dans le même temps, les augmentations de capital sur le marché boursier ont, quant à elle, diminué de 91 % en Europe. Bien que l’Europe compte aujourd’hui autant de sociétés que les Etats-Unis, celles-ci sont plus petites, moins matures, moins bien capitalisées et surtout elles investissent 3 fois moins en recherche et développement.

Rappelons que dans un futur proche l’innovation viendra des PME. Il est temps de créer un fonds souverain pour les PME et un organisme adossé au Small Business Act européen qui aurait pour but d’informer, de protéger et d’aider les PME.

Source :

Le pillage technologique des PME par les fonds communs de placement, http://www.infoguerre.com/, le 17 octobre 2008
Les biotechnologies sont frappées de plein fouet par la crise financière, Le Monde, Yves Mamou
 
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