| L'international peut se révéler risqué pour une PME |
|
|
|
| Écrit par Bertrand Terreux |
| Jeudi, 16 Avril 2009 16:00 |
|
EIE global est une PME de 20 personnes qui réalise un chiffre d’affaires de 3 000 000 €. Elle évolue sur le secteur des salons et événements professionnels internationaux pour des clients étrangers essentiellement. Elle est présente sur le secteur de l’aéronautique, le médical, l’environnement, les télécoms et l’optique. EIE global offre une solution intégrée pour les entreprises étrangères qui souhaitent être présentes sur les salons internationaux. J’ai rencontré Philippe Tissot, son PDG, pour obtenir son retour d’expérience sur son implantation aux USA qui lui a valu une perte de 600 000 €. Heureusement EIE global existe toujours, et son chiffre d’affaires est en croissance. L’entreprise a su profiter de cet échec pour se renforcer et structurer une stratégie offensive. Avec plus de 50 % de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis, Philippe Tissot ne pouvait plus faire des allers-retours continuellement. C’est lors d’un voyage qu’il a rencontré une consultante qu’il a embauchée par la suite pour développer le marché américain.Evidement pour assurer son efficacité cette consultante a été formée aux techniques de l’entreprise. Mais au bout d’un an, elle est partie avec le fichier client et a récupéré 40 % de la clientèle américaine. Son départ à été effectif le 30 novembre, et le 1er décembre elle mettait en ligne son site. La reprise en main de la clientèle par sa nouvelle concurrente à fait perdre 400 000 € à EIE global sur un chiffre d’affaires à l’époque de 1100 000 €. De plus, l’entreprise a été victime d’une campagne de déstabilisation par des rumeurs. « Cet événement montre à quel point une entreprise française est vulnérable à l’étranger et que l’international a un coût qu’il faut budgétiser. » Pour faire taire les rumeurs Philippe Tissot envoie un mail à un ancien partenaire qui transfère immédiatement à la concurrente. Le lendemain EIE global recevait un courrier recommandé de l’avocat américain pour diffamation. Renseignement pris auprès de son avocat Philippe Tissot n’a pas intenté une attaque en justice qui lui aurait coûté au minimum 50 000 €, avec une chance de succès quasi nulle. Malgré cet échec EIE global est resté sur le marché américain pour reconquérir les parts de marché. Cette reconquête lui a coûté 200 000 €. Plus que l’impact financier c’est l’impact psychologique qui a été le plus dur à encaisser. Philippe Tissot reconnait que c’est une perte de confiance qu’il a fallu surmonter. Après cette mésaventure Philippe Tissot veut s’armer pour faire face à la guerre économique. Tout d’abord il se forme et ensuite c’est un véritable retour d’expérience qu’il a transposé en mémoire opérationnelle c'est-à-dire : - Identifier les vulnérabilités chez les collaborateurs ; De plus, il veille les sites des concurrents et a limité l’information sur son site et comme il le dit lui-même, ce n’est pas pour ça qu’il a moins de client. Aujourd’hui l’entreprise compte un responsable par pôle d’activité et forme des collaborateurs en France avant de les envoyer aux Etats-Unis, afin de maîtriser complètement les process et la culture d’entreprise en vue d’un prochain redéploiement. Ces retours d’expériences sont nécessaires pour une prise de conscience générale de la fragilité de nos PME en France et à l’international. Merci à Philippe Tissot qui a joué le jeu et j’encourage les chefs d’entreprises à prendre contact avec Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. afin de les aider à réaliser la même démarche. |