Le rendez-vous des PME et de l'Intelligence Economique

Une PME victime d'espionnage économique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Marion de Beauregard   
Mercredi, 23 Janvier 2008 00:00

Tags: Cyclopharma | espionnage | IBA-Cisbio | PME | pme espionnage | Salins

Ce matin, France Info recevait le rédacteur en chef du quotidien auvergnat La Montagne qui nous faisait part d’une nouvelle affaire d’espionnage industriel en Auvergne.

Michelin avait déjà fait les frais de cette pratique (lisez ici l'article du Figaro du 16 janiver) et, il y a quelques jours, le quotidien régional annonçait dans ses pages (que le site du quotidien ne permet pas de retrouver tant il est bien protégé) la mise en examen d’un ancien salarié de la société. Mais il s’agit cette fois-ci d’une PME innovante, en médecine nucléaire, qui a reçu la visite d' une inspectrice d’Etat, en mission d’espionnage pour un concurrent belge.

Cyclopharma, née en 2000 connaît un franc succès. Cette minuscule entreprise avait pour ambition de recréer une filière à 100% française destinée à alimenter la médecine nucléaire. Elle est rapidement devenue un incontournable fabriquant du produit radioactif qu’on injecte au patient, et de l’appareil qui le produit sur le marché français. Elle s’est développée sur le territoire, en ouvrant une première unité de production à Nice, puis à Toulouse et construit des locaux au biopôle de Saint-Beauzire, dans le Puy-de-Dôme.

Vraisemblablement, le succès a aveuglé cette PME qui n’a pas pris la mesure de la nécessité de protéger ses information, ses produits et ses locaux. L'espionne-inspectrice de l'Agence Française de Sécurité Sanitairedes Produits de Santé (AFSSAPS) travaillait pour IBA-Cisbio, le concurrent belge de Cyclopharma. Elle visitait le site depuis des mois et avait des exigences de plus en plus pressantes, poussant l'entreprise au dépôt de bilan: "Elle voulait par exemple que nous fassions des travaux à l'utilité discutable à Nice et Toulouse qui auraient entraîné la fermeture des sites pour 6 mois" dévoile le PDG de Cyclopharma, Bernard SALINS. Elle a enjoint l'entreprise à lui communiquer les plans du tout dernier produit, un cyclotron 100% français, sous la menace de faire fermer l'entreprise.

C'est au bord du dépôt de bilan que Bernard SALINS se rend dans les bureaux de l'AFSSAPS afin de rencontrer son directeur et de se rendre compte que l'inspectrice avait donné sa démission quelques jours auparavant et quitté la France pour aller travailler en Belgique chez IBA:"très rapidement, nous nous sommes aperçus que les rapports qu'elle transmettait de correspondaient absolument pas à ce qu'elle constatait sur place" déclare Bernard SALINS." Faute de pouvoir récupérer les plans de notre appareil, on voulait de toute évidence nous obliger à fermer.L'aventure nous a couté au bas mot 13,5 millions d'euros".

Les propos de M. Salins ont été recueills par Patrick Bertharion de la Montagne, en attendant que nous puissions avoir notre propre interview.

 
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